Historique

Historique

L’abri-sous-roche du Mollendruz ou l’abri Freymond

La découverte du site, et les fouilles qui ont suivi, doivent beaucoup à la violente tornade du 16 août 1971 qui dévasta des hectares de forêt entre le Brassus et Romainmôtier, mettant à nu des reliefs et des barres rocheuses autrefois dissimulés par le couvert forestier. Vers la fin de l’été, lors d’une promenade dans cette zone sinistrée, Monsieur Michel Freymond, instituteur à Lausanne, frappé par la morphologie de l’abri, récolte en surface du sol plusieurs tessons de poterie préhistorique et des silex. Cette découverte est immédiatement signalée à la Section des Monuments historiques de l’Etat de Vaud. Des fouilles régulières de deux mois par an ont lieu de 1982 à 1989.

L’abri Freymond est à 1100 m d’altitude. Il s’ouvre dans une petite falaise calcaire en hémicycle et résulte de l’érosion d’une assise marno-calcaire surmontée d’un banc compact de Valanginien (Crétacé inférieur). La cavité large de 18 m environ pour une profondeur de 4 à 5 m crée  un vaste abri naturel orienté vers le sud-est. Son remplissage forme une terrasse relativement plane, à 2 ou 3 m au-dessous du plafond, puis s’infléchit à l’extérieur de l’abri en un abrupt talus frontal. Une resurgence karstique, au débit intermittent, coule le long de la paroi orientale de l’abri provoquant une érosion latérale de la terrasse.

Cet abri présente une succession d’occupations préhistoriques tout à fait extraordinaire, pratiquement unique dans notre pays. Il convient de respecter ce lieu afin que l’on ne retrouve aucune trace du passage des visiteurs.

Temple

eglise2-75%A Mont-la-Ville, le premier temple, dédié à Saint-Michel Archange, fut édifié au XVème siècle, avant la Réformation, dans le cimetière au-dessus du village. En hiver, les cultes étaient célébrés dans une salle communale, appelée chapelle.

Le 22 novembre 1823, une convention est établie entre la commune de La Praz et la commune de Mont-la-Ville pour la construction d’un nouveau temple, pour remplacer celui qui est « caduc ». Il est convenu que le temple sera construit au centre du village de Mont-la-Ville, tant sur la place de la chapelle du dit lieu que sur le terrain contigu, à la distance d’environ soixante pieds de toute habitation.
La commune de Mont-la-Ville est chargée de la construction. Il est accordé à la commune de Mont-la-Ville la faculté de placer au clocher du nouveau temple son horloge et ses deux cloches. Il lui est reconnu le droit de pouvoir jouir du nouveau temple pour ses prières publiques du dimanche et des jours de semaine.

La commune de La Praz demeure copropriétaire du temple paroissial jusqu’en 1911, date à laquelle le Conseil général de Mont-la-Ville, pour donner suite à son projet de restauration et répondre à un désir maintes fois exprimé par La Praz, décide de racheter le droit de propriété que possède sur cet édifice la commune de La Praz et d’offrir pour cela Fr. 2’000.-.eglise31 - copie

C’est en 1916 que débute les travaux d’une première restauration. Deux vitraux exécutés par M. Chiara à Lausanne, sont placés dans le chœur, à gauche et à droite de la chaire pour le prix de Fr. 360.-. En 1934, le porche d’entrée est modifié et les escaliers extérieurs supprimés lors du goudronnage de la route. La deuxième restauration intérieure de 1946 apporte des modifications importantes à l’aspect du sanctuaire (plafond en bois, chaire déplacée, remplacement du grand lustre par l’éclairage actuel). (extrait de « Histoire paroissiale de Mont-la-Ville » – Roland Rochat)

Cloches :

  • Cloche 1, note réb3, coulée par Paintandre frères, Vitry-le-François, en 1901
  • Cloche2, fa3, François Humber, Morteau, 1838
  • Cloche 3, lab3, Claude Livremont, Pontarlier, 1731
  • Cloche 4, réb4, Jean Richenet, Vevey, 1650
  • Cloche 5, fa4, fondeur inconnu, 16e siècle

Les frères Peintandre coulèrent beaucoup de cloches pour le canton de Vaud. Leur première commande dans la région fut l’imposant bourdon de plus de 3 tonnes du temple de Baulmes. François Humbert, originaire de Neuchâtel, établi à Morteau, signa le bourdon du temple St Etienne de Moudon (près de 5 tonnes) la même année que notre cloche 2 : 1838. La dynastie des Livremont a coulé de très belles cloches baroques pour toute la Suisse romande. Leur plus importante réalisation est le bourdon d’Orbe, environ 3 tonnes, coulé en 1688 par Guillaume et Antoine ainé. Jean Richenet, enfin, fut le 1er d’une longue lignée de fondeurs veveysans, dont les activités perdurèrent jusqu’au début du 20e siècle. Notre sonnerie prit son aspect actuel après les travaux d’harmonisation menés par Auguste Thybaud, accordeur de cloches qui se distingua à la cathédrale et à l’église St François de Lausanne. Une des cloches de St François était d’ailleurs destinée à rejoindre notre clocher, mais elle fut endommagée, vraisemblablement durant le transport. On constate donc qu’en plus d’être de dimensions imposantes, la sonnerie du temple de Mont-la-Ville dispose d’atouts historiques non négligeables. Pour écouter et voir les cloches

9 squelettes dans plusieurs tombes

Le chantier de construction d’une villa, au bas du chemin de La Riaz, a mis à jour des ossements.

Appelés sur place, les archéologues du service cantonal et du bureau archéodunum, après avoir stoppé les travaux, ont mis à jour plusieurs tombes, dont certaines contenaient des squelettes en bon état de conservation. Il s’agit notamment, selon les constatations des spécialistes, de deux bébés, un enfant, un adolescent, et d’adultes, soit 9 squelettes. Ils étaient disposés dans des tombes aménagées, des traces de coffrages et de « cercueils » – peut être des troncs évidés serrés dans un cadre de bois lui-même tenu par des pierres – sont visibles.

Ils pourraient dater du 9ème ou 10ème siècle après J-C.

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Mystère. Aucune mention d’un cimetière ou d’une église à cet endroit n’a jamais été mentionnée. L’histoire nous apprend qu’en 1126, les premiers moines se sont installés à L’Abbaye, puis vers 1141, ont construit une grange, à Cuarnens. Le chemin reliant ces monastère passait entre La Coudre et Mont-la-Ville, appelé alors « Montevilla ». Un oratoire aurait été érigé près de ces villages. Au 6ème/7ème siècle, c’est l’invasion des Barbares et la destruction du couvent de Romainmôtier, reconstruit en 630, puis la visite du Pape Etienne, en 753. Ces lointains ancêtres, peut-être une famille, étaient-ils des serfs des moines de L’Abbaye ou de Romainmôtier, des charbonniers, des chasseurs ? Peut-être que les recherches des archéologues nous apporteront quelques réponses à ces nombreuses questions.

 

Des nouvelles de nos lointains ancêtres

Nous nous souvenons que des travaux de terrassement pour la construction d’une villa, au chemin de la Riaz, avaient mis à jour des tombes et des ossements.

Les archéologues appelés sur place, viennent de rendre leur rapport et de faire part de leurs conclusions. Bien que pas datées précisément, les sépultures découvertes (9) constituent la première attestation archéologique d’une occupation humaine à Mont-la-Ville, au Moyen-Age. On ne connait pas non plus d’occupation romaine bien définie. Les premières mentions écrites du nom de la commune remontent à 1140 (« in Monte Villa ») et 1149 (« villa que Mons dicitur »). Ces termes doivent être compris comme « Mont le village », c’est-à-dire un village ou groupe d’habitations plus ou moins important appelé « Mont » et non « la ferme du Mont ». Les archéologues relèvent également la concordance entre l’ancienne appellation du lieu-dit « En Tombey » et la présence de sépultures.

Ces tombes peuvent être attribuées aux premiers siècles du Moyen-Age, sur la base des divers éléments observés: orientation, caractère isolé et familial, proximité des habitats, sans lien direct avec un lieu de culte chrétien et en dehors des vastes nécropoles dites « en plein champ ».

Toutefois, cette proposition devrait être confortée par des investigations plus poussées sur les ossements. Pour sa part, l’examen des squelettes de 9 individus montre que le groupe rassemble 5 adultes(2 hommes, 2 femmes, et 1 « indéterminé ») et 4 immatures. Les adultes sont âgés de moins de 50 ans et les enfants entre 1 et 14 ans. Les adultes se trouvent aux quatre angles de la petite zone fouillée et encadrent les tombes d’enfants. Ces observations tendant à renforcer le caractère familial de l’ensemble déjà marqué par sa composition démographique. Plusieurs tombes fouillées présentent des signes d’aménagement en bois (éléments de calage, traces organiques). Il a été remarqué des trace de tronc évidé ou de couvercle.

En conclusion, le travail très précis des archéologues de la Division Patrimoine, section Archéologie cantonale, permet de fixer un peu mieux l’origine et l’implantation des hommes dans notre région. Nous avons aussi pris conscience de l’intérêt des fouilles archéologiques, même si parfois elles perturbent l’avance des travaux.